Sur la répétition, II
January 03, 2026
Qu’est-ce que la répétition (traumatique) ? Qu'est-ce qui la motive ?
La recherche de l’excitation en excès, de la tension ; le plaisir d’augmenter la tension, de confronter l’incertitude.
Mais cette incertitude est assurée par une certitude d’échec qui maintient la répétition : ne pas « réussir / être satisfait », c’est pouvoir recommencer.
À chaque commencement imprévisible se pointe une fausse excitation comme si on se plaçait pour la première fois devant l’abîme, ne sachant pas ce qui va se passer, comme si on était libre.
Le plus grand plaisir est la promesse du plaisir.
Dans la répétition traumatique, ce qui fait trauma, c’est justement l’excès, ce qui nous a dépassés : quelque chose d’irreprésentable, la plus haute promesse de plaisir, du plaisir non pas comme la réduction de la tension (selon le principe de dé-plaisir), mais le plaisir comme chose absolue, vérité insupportable.
Seulement, la répétition traumatique n’est pas créative : ce n’est pas le type d’incertitude qui mène à quelque chose. L’incertitude fertile, c’est l’Éros, c’est la liaison. C’est entrer dans un espace où quelque chose pourrait se produire. Ça change tout, incluant nous-mêmes. Nous ne pouvons plus rester où nous étions ni garder la possibilité de recommencer à l’infini le même circuit.
La répétition créatrice capable de produire les différences serait alors celle qui s’arrache de sa propre répétabilité pour aller dans une rencontre avec un autre qui la modifie.