{
    "componentChunkName": "component---src-templates-tag-js",
    "path": "/tag/psychanalyse",
    "result": {"data":{"contentfulTag":{"title":"psychanalyse","id":"82e86d65-c1dd-5d16-83b1-92fe747f4133","slug":"psychanalyse","post":[{"id":"c7724c1e-fcd6-5ce7-b3b7-41f5e8e3c1ee","title":"L’enfance du jeu ou le Je enfantin","slug":"lenfance-du-jeu-ou-le-je-en-tant-quenfant","publishDate":"March 10, 2026","publishDateISO":"2026-03-10","heroImage":null,"body":{"childMarkdownRemark":{"timeToRead":4,"html":"<p>Quand on parle du jeu en psychanalyse, on penserait d’abord à Winnicott : <em>Playing and Reality</em> étant peut-être le premier livre psychanalytique qui contient le mot <em>jouer</em> dans son titre. <em>Playing</em>, jouer, quelque chose d’enfantin, d’infantile. Un acte ou un geste qui n’a pas d’air d’aussi sérieux par rapport aux autres concepts de la psychanalyse: fantasme, répétition, inconscient, position schizo-paranoïde, ainsi de suite. Toutefois, <em>jouer</em> se révèle essentiel dans une analyse où la question de créativité, de vie et d’être vivant, du rapport spontané à l’autre et au monde reste centrale pour penser ce que c’est la <em>guérison psychanalytique</em> .</p>\n<blockquote>\n<p>Psychotherapy takes place in the overlap of two areas of playing, that of the patient and that of the therapist. Psychotherapy has to do with two people playing together. The corollary of this is that where playing is not possible then the work done by the therapist is directed towards bringing the patient from a state of not being able to play into a state of being able to play. <br>\n— Donald W. Winnicott, Playing, A theoretical statement in <em>Playing and Reality</em></p>\n</blockquote>\n<blockquote>\n<p>Now I shall discuss an important feature of playing. This is that in playing, and perhaps only in playing, the child or adult is free to be creative.<br>\n— Donald W. Winnicott, Creative activity and the search for the self in <em>Playing and Reality</em></p>\n</blockquote>\n<p>Il serait intéressant de tracer l’histoire du concept de jeu en psychanalyse. Si Winnicott est le premier à le prendre au sérieux et à en faire une théorisation, y a-t-il d’autres avant lui qui ont déjà abordé le sujet ?</p>\n<p>C’est avec joie et surprise que j’ai découvert récemment, dans les écrits de Freud et de Ferenczi, les traces ou le début de cette notion.</p>\n<blockquote>\n<p>Or le moyen principal de dompter la contrainte de répétition du patient et de la transformer en un motif de remémoration se trouve dans le maniement du transfert. Nous la rendons inoffensive et même profitable en lui accordant ses droits et en lui laissant libre cours dans un certain domaine. Nous lui ouvrons avec le transfert un lieu d’ébats où il lui est permis de se déployer dans une liberté presque totale et où il lui est assigné de nous mettre sous les yeux tout ce qui, en fait de pulsions pathogènes, s’est caché dans la vie d’âme de l’analysé.<br>\n— Freud (1914), Remémoration, répétition et perlaboration dans <em>La technique psychanalytique</em></p>\n</blockquote>\n<p>« Nous lui ouvrons avec le transfert un lieu d’ébats où il lui est permis de se déployer dans une liberté presque totale », ces mots m’ont frappé lors de ma lecture. Un lieu d’ébats ou <em>Tummelplatz</em> dans l’original allemand, veut simplement dire un terrain de jeu, ou <em>playground</em> en anglais. Le transfert, c’est justement ce qui crée un terrain de jeu pour le patient, où il peut être le plus libre possible. Il s’agit d’être libre pour permettre le libre jeu des pulsions, pour permettre la vie cachée, non manifestée, ou même non vécue de prendre forme dans l’espace-temps d’une séance analytique, dans la relation transférentielle avec l’analyste.</p>\n<p>Dix-sept ans après la publication de <em>Remémoration, répétition et perlaboration</em>, Ferenczi prononce en 1931 la conférence <em>Analyses d’enfants avec des adultes</em> à l’occasion du soixante-quinzième anniversaire de Freud :</p>\n<blockquote>\n<p>… j’ai eu le sentiment que ce que nous appelons association libre reste toujours encore une sélection très consciente des pensées, j’ai donc poussé les patients à une « relaxation » plus profonde, à un abandon plus total aux impressions, tendances et émotions intérieures qui surgissaient tout à fait spontanément. Donc, plus l’association devenait vraiment libre, plus les paroles et autres manifestations du patient devenaient naïves — enfantines, pourrait-on dire; …<br>\n— Sandor Ferenczi, Analyses d’enfants avec des adultes dans <em>Psychanalyse IV, Œuvres complètes</em></p>\n</blockquote>\n<p>Ferenczi touche ici quelque chose d’extrêmement important. La position d’analyste ne se limite absolument pas à une « neutralité bienveillante ». Et comme il écrit dans la suite du texte, l’attente muette et froide de l’analyste perturbe souvent l’association libre. Ce qu’il faut, par contre, c’est un certain tact empreint de chaleur, qui prête à la confiance, condition nécessaire pour une relaxation du patient. On doit se sentir en sécurité et libre pour pouvoir jouer : quand on pense à un terrain de jeu, à un <em>playground</em>, on pense aux souvenirs d’enfance où on était dans un état d’insouciance, qui précède et rend possible le jeu, la joie, la spontanéité. On n’était pas tout le temps aux aguets, regardant avec un œil inquiet le danger qui peut surgir à tout moment. Or, le trauma est trauma justement parce qu’il produit un état de vigilance qui rend difficile tout état d’insouciance, d’innocence et risque d’abolir le jeu.</p>\n<p>La question du jeu n’est pas séparable de celle du trauma et de la répétition dans les textes de Freud et de Ferenczi. Ferenczi témoigne que les patients, quand ils sont entrés dans cet état infantile, peuvent parler spontanément des expériences traumatisantes de l’enfance. Et il reprend la discussion de Freud sur la répétition et la remémoration : pour Freud, la remémoration en tant qu’un acte de parole est préférable à la répétition. Or, pour Ferenczi, il est parfois nécessaire d’<em>agir</em>, pour que le matériel ainsi apparu puisse être ensuite transformé en remémoration. On pourrait imaginer qu’il s’agit ici des traces non symbolisées laissées par les traumatismes, qui ne peuvent pas accéder à la parole, à la conscience, au jeu libre d’un <em>Je</em>. Ces choses-là ne se prêtent pas encore à être utilisées comme des jouets dans le jeu du langage. Et on revient ainsi à la formulation de Winnicott, sur la visée de la psychothérapie, où il s’agit de jouer ensemble, de jouer en deux, dont le but est d’abord « <em>bringing the patient from a state of not being able to play into a state of being able to play.</em> » Et ainsi la séance analytique : un terrain de jeu où on joue librement et déjoue les répétitions.</p>","excerpt":"Quand on parle du jeu en psychanalyse, on penserait d’abord à Winnicott : Playing and Reality étant peut-être le premier livre psychanalyti…"}}}]}},"pageContext":{"slug":"psychanalyse","basePath":"","paginationPath":"/tag/psychanalyse","pageNumber":0,"humanPageNumber":1,"skip":0,"limit":6,"numberOfPages":1,"previousPagePath":"","nextPagePath":""}},
    "staticQueryHashes": ["1946181227","2744905544","3732430097"]}